Performances

Joël Hubaut
Entrepôt 9 jeudi 16 juin 19h

Aucune intention préméditée, c’est in situ que se déclenche le pulse de la transe chez Joël Hubaut et Léa Le Bricomte. Plasticiens aux univers bucoliques et étranges, leur attitude hybride expansée (voix amplifiée, guitare expérimentale, gestes incongrus) engendre un mix scénique aléatoire qui convoque autant le concert que la sculpture. Une énergie décalée, un flux trouble, conceptuellement punko-zen et tragiquement parodique.
Joël Hubaut est un artiste difficilement classable. Plaçant l’épidémik et la contamination au centre d’une réflexion sur l’art et la société, son recours à la parodie et à la dérision peut prendre une dimension véritablement tragique. Léa Le Bricomte construit des performances qui convoquent la bave et la sécrétion des escargots pour lesquels elle avoue une nette addiction. Elle a notamment présenté Dancefloor pour escargots lubrillants au Palais de Tokyo. Au fil des performances qu’elle partage avec Joël Hubaut, Léa Le Bricomte tente d’expérimenter l’imprévisible percolation entre poésie sonore et rock-métal par des processus flexibles et spontanés et cela comme un prolongement possible de leurs expériences plastiques.

Soirée performances  / Carte blanche à Joël Hubaut
On va danser avec les mots boubous, on va danser bang-bang bubu et gros bobo
Hôtel de Vogüé (Dijon) samedi 11 juin 18h
Hortense Gauthier / Francine Flandrin / Véronique Hubert

HORTENSE GAUTHIER
Depuis 2003, Hortense Gauthier mène un travail poétique intermédia en explorant les différentes matérialités de l’écriture (sonores, visuelles, plastiques, numériques, corporelles). Elle développe des créations numériques (performances, installations, concerts) sous le nom de HP Process (avec Philippe Boisnard), qu’ils définissent comme de la poésie action numérique [PAN]. Leur installation WORDS CITY a reçu le prix Imagina Atlantica, le prix Arte Creative (2012) et a été lauréate du prix Vasarely (2013).
Hortense Gauthier développe également une pratique d’art action, en relation avec des espaces publics et géographiques singuliers, une écriture du corps qui interroge de façon contextuelle, les logiques d’inscriptions sociales, géographiques, politiques et médiatiques. Elle a fait de nombreuses interventions en France et à l’étranger (Brésil, Japon, Canada, Tunisie, Pologne, Italie, Espagne, Suède …) et a publié dans diverses revues littéraires et ouvrages collectifs.
Depuis 2009, elle codirige DATABAZ, un centre d’art expérimental autour de la littérature et des arts numériques qu’elle a fondés avec Philippe Boisnard à Angoulême (France).

FRANCINE FLANDRIN
Spécialiste Hue Dada de l’art contemporain, Francine Flandrin révèle dans une recherche plastique et performative transversale, un désir “no limit” de profiter ici et maintenant d’un temps qui ne cesse de filer. Mots d’esprit, grincements de dents et littéralité accompagnent son travail. En quelques dates et en 2012, le musée de la Triennale de Milan repère Tout Sein, son LHOOQ du chou à la crème, détournement pâtissier dont elle conçoit L’Ecce Homo – la première sculpture léchable et rechargeable -, que le musée exposa en 2013 dans Kama. Sesso e design. En 2013, elle proposait Comme un interdit une réflexion sur la complexité, la relativité de la notion d’interdit au travers la religion, le sexe, l’histoire, la politique, la philosophie et l’économie avec des oeuvres de Wim Delvoye, Annette Messager, Otto Muehl, Eric Pougeau,… et de talentueux artistes émergents. Pour Marseille 2013, elle invita à la Friche de la Belle de Mai, les spectateurs à remplir de vrais faux passeports avec des lunettes de correction dioptrique inadaptées à leur vue. En 2014, au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris, elle partagea avec Anne-Léonie Auer et Mehdi Brit la complicité d’un Songe d’une Nuit d’Été. En 2015, elle participe à Rendez-Vous, la saison culturelle française en Croatie et prépare une exposition pour le Multimedijalni kulturni centar de Split.

VERONIQUE HUBERT
Depuis une dizaine d’années, Véronique Hubert élabore une oeuvre complexe qu’il ne faut pas réduire à l’humour agité qui la traverse. Travaillant dans la multiplication des compétences, sa dispersion contraste avec la rigueur et la constance de son propos. Son oeuvre se dessine dans la superposition de ses expressions ; vidéos, tracts, dessins, photographies et écrits, réalisés depuis 1995. Une connaissance aiguisée de l’histoire de l’art, du cinéma, du milieu médical, de la musique électronique ainsi qu’une curiosité sans limites fournissent à l’artiste un matériau très riche qu’elle déploie dans des constructions fictionnelles, des petites histoires ou saynètes interprétées par des personnages « prétextes » faussement enfantins, aux dérives paranoïaques. Une paranoïa que vient renforcer l’emploi des initiales aux relents de groupuscule armé comme la MADC, organisation fictive, ou encore la FAGM (La femme aux grosses mains) titre de son roman paru en 2002. Dernière figure en date, Utopia, un personnage à mi chemin entre la fée et l’ambassadrice d’un pays imaginaire, la Spotniavie « en voie de disparition géographique, culturelle et commerciale ». France Valliccioni
« Les heurts dont Fairy Utopia est souvent la victime pourraient ainsi être considérés comme autant de manières de déployer son existence. Fairy Utopia est une fée qui, dit-elle, ne sait voler que lorsqu’elle est bourrée (Les 4 positions de la fée, 2005), c’est-à-dire une fée dont le mouvement est sans cesse contrarié. Chaque fois qu’elle se met en mouvement, Fairy Utopia rencontre des obstacles qui peuvent être aussi bien matériels que conceptuels. Non seulement murs, rochers et bibliothèques se retrouvent-ils invariablement sur son chemin (Boums, 2008), mais celui-ci peut en même temps se voir contrarié dans le rythme de sa progression (3 en avant, 2 en arrière, 2008). Dans les deux cas, toutefois c’est bien le mouvement qui constitue le mode d’existence contextuel de Fairy Utopia, un mode d’existence qui s’exprime dans les formes d’une épreuve. (…) Que Véronique Hubert ait choisi, pour définir le mode d’existence de Fairy Utopia, celle de l’épreuve douloureuse avec tout ce qui est susceptible de faire obstacle au mouvement se comprend alors sans difficulté. L’obstacle au mouvement est la traduction littérale de la nécessité d’éprouver l’existence de ce qui nous fait exister pour pouvoir le compter comme nôtre. » Laurent de Sutter.

ALEXANDRE DOMINI
Atelier le Tâche Papier, jeudi 09 juin 19h

1.2,1.2,1.2,1.2,1.2,1.2,1.2…
Les cocottes et les grenouilles chez Alexandre Domini semblent marcher au pas en de mystérieuses et inquiétantes parades. En papier certes, mais leur nombre évoque de sombres mécanismes de proliférations à mi-chemin entre dérèglement cellulaire et défilé militaire nord-coréen. Ce qui nous inquiète, c’est la fausse supériorité de notre taille, nous regardons de haut ces petites choses tantôt colorées, tantôt blanches, alors même qu’elles menacent sourdement de nous assaillir. Verra-t-on un jour un visiteur pris de folie soudainement les piétiner en hurlant ou les asperger de quelque DDT ? Qui sait si leur envahissement silencieux ne rompra pas un jour la tranquille assurance des galeries… Toutefois, Il ne faudrait pas se laisser abuser par notre seule perception spatiale, certes les alignements sont bien là et la tentation de les dénombrer comme pour mieux s’en emparer rationnellement est grande, mais songe-t-on à ce qui les a fait naître ? A cette régularité de métronome qui les a pliés en cadence? Car derrière le 1.2 de la phrase martiale se cache le terrible tic-tac du temps qui passe, qui s’écoule et nous emporte tous. (…) Je plie pour oublier que la corbeille est notre triste fin de créatures de papier. En somme, parodiant la phrase enfantine de l’élève qui calcule, on pourrait dire d’Alexandre Domini qu’il pose tout mais ne retient rien. Tout au contraire, en disposant ces créatures sur le sol, il laisse filer le temps sans rien nous épargner de son indifférence hautaine de maître incontesté. Incontesté ? C’est à voir, car ce jeune créateur a aussi disposé son métronome sur des feuilles blanches qu’on pourrait bien avoir envie de remplir sinon de plier à sa suite. (…) Laurent Devèze

Soirée performances au Musée des Beaux-Arts de Dole
avec les pieds et la bouche et les fesses et la cervelle et le ventre et les oreilles
Musée des Beaux-Arts de Dole, vendredi 24 juin à 19h30
Hortense Gauthier, Véronique Hubert, Manon Harrois vs Bertrand Kelle « Je t’adore reloaded», Dj Emmanuelle 5

MANON HARROIS
« L’oeuvre de Manon Harrois n’existe pas. Ou n’existe qu’en circulation, d’une pratique à l’autre, d’un pays à l’autre, ici , là, jamais achevée, moment au cours d’un voyage pendant lequel l’oeuvre nait, se développe, se transforme, erre, se dilapide, meurt peut-être, renait, avance, change encore. »
Plasticienne Performer née en 1988, Manon Harrois a suivi l’enseignement de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art Olivier de Serres à Paris. En atelier métal, elle travaille la mise en forme des métaux en feuille dans l’idée que c’est une peau de femme qui vit à son contact. Elle réalise des ventres pendant que d’autres font du design. Parrainée par Germain Viatte, ancien conservateur du Quai Branly et du Musée d’Art Moderne de Paris, elle obtient son diplôme avec les félicitations du jury. Elle part un an au Niger soutenue par la bourse de recherches Jean Walter Zellidja délivrée par l’Académie française. Elle travaille dans les ateliers mobiles touaregs, puis dans l’atelier tissage du Musée National Boubou Hama de Niamey. À la suite de ces séjours, une exposition naît au Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch de Niamey et à la Chapelle de Vinetz à Châlons-en-Champagne en France. Ayant obtenu l’aide à la création de la Région Champagne-Ardenne pour son projet triptyque XXXY Itinéraire Mâle-Femelle, elle entre en résidence à l’atelier de gravure Aqua forte où elle crée une installation et invente une technique de xylogravure sur des coeurs d’arbres. En chantier-résidence au Salmanazar pour la création de la performance La Germaine disait, elle est programmée lors de la Nuit blanche 2011 Paris avec Monodiella flexuosa, performance de quatre heures où se mêlent écriture automatique, encre bleue sur piano, performance.

DJ EMMANUELLE 5
Dj set (Glam/Punk/Rock)

Emmanuelle 5, également musicien (DeadSexy, LTNO, Les Tetines Noires) a fait ses armes en tant que Dj au début des années 2000 à Paris. Résidant au mythique club Le Pulp, La Flèche d’Or…
Il sort en 2004 avec Dead Sexy la compilation DJ Mixshake qui se vendra à plus de 20000 exemplaires, remixe Larry Tee, Marilyn Manson… Après quelques années passées à Los Angeles et New York, il s’est installé en 2009 à Berlin. Il y est aujourd’hui résidant au Club White Trash, CCCP, Schwuz…et co-organise la party « Ich Bin Ein
Berliner » qui regroupe dans le mythique club de Kreuzberg le SO36 la scène ElectroPunkQueer bouillonnante Berlinoise. Il s’est produit dans le monde entier passant du Ruff Club à New York à une private party pour Agnès B au festival de Cannes, de Tokyo Decadance au Japon à ICA Tate Galery de Londres, du Castle Party en Pologne au Sarajevo Film Festival… Ses Sets sont un mélange explosif d’Electro Dark Rock & Vintage Punk Wave with a touch of Glam. It’s Raw Power & Killer Dance Floor !