Edito 2015

Déjà quatre ans d’existence pour ONE+ONE, cet évènement unique en Bourgogne qui propose des rencontres sensitives et festives entre plasticiens et musiciens sous le signe de la performance, pour une relecture de l’histoire de l’art via le rock’n’roll et ses ramifications. Après deux éditions organisées par l’association Barbatruc (2010 – 2012) et une édition dirigée par la galerie Interface (2011), ONE+ONE devient officiellement une association le 29 janvier 2013 et organise une édition resserrée d’une semaine à la Ferronnerie en partenariat avec l’Eldorado en juin de la même année. En 2014 l’association ONE+ONE organise un évènement élargi en s’associant à de nouveaux partenaires et lieux d’exposition : Hôtel de Vogüé, Entrepôt 9, le musée des beaux-arts, l’École Nationale Supérieure d’Art de Dijon, la galerie Alchimia, la galerie Interface… Et pour la première fois le festival se délocalise pour élargir son audience régionale en s’associant à la Porcherie, lieu d’art contemporain à Ménétreux- le- Pitois.

2015, « Ghost Riders », édition très électrique autour de la figure d’Alan Vega dont les œuvres sont exposées à la Galerie Barnoud – Entrepôt 9. Hommage à Alan Vega, personnage mythique de la fin du siècle dernier, plasticien trash, musicien chaotique, performeur imprévisible ; figure iconique de l’underground new-yorkais, artiste avant-gardiste des bas-fonds et musicien expérimental radical, pourtant jamais coupé de ses bases rock’n’roll…

ONE+ONE se délocalise en région en renouant son partenariat avec La Porcherie à Ménétreux-le-Pitois et en proposant un concert-performance à l’Escale à Migennes et une performance électrique à Toshiba House à Besançon, soirée « Destroy » au musée des Beaux-Arts de Dole et au-delà en s’exportant au CAMAC à Marnay sur Seine avec un « Best of ONE+ONE » !!!

« Alan Suicide Vega fait figure de maudit, donc de mythe, mais de mythe à l’envers : celui de l’outsider flamboyant. Avec Vega, c’est tout un concentré du Punk qui entre en scène : la rue, avec ses bruits et sa suffocation, sa misère, sa sincérité, mais aussi la sexualité provocatrice, le nihilisme conquérant. Tout cela, Vega, dès ses premiers essais, le revendiquera, de manière répétée et intransigeante, sans jamais en faire une rente. Vega, c’est l’expression non seulement d’une quantité de refus catégoriques – jusqu’à la question de l’Art – et d’un vitalisme noir. (…) A l’orée des années soixante-dix, Vega c’est d’abord l’autre moitié d’un duo historique, pionnier, militant : Suicide, formé en 1970 avec le pianiste virtuose Martin Rev, élève de Lenny Tristano basculé dans le Free Jazz. Suicide, synonyme de vie pour les deux alter-ego, c’est l’accouplement pré-apocalyptique de Sister Ray à 96 Tears sur Farfisa spectral et hoquets hillbilly. On est à New York, on est à la fin des chaotiques sixties, littéralement dans un trou. Le rock devient gras, complaisant, caricatural, une musique de stade gâtée par les majors. Une bouffonnerie. Slow death… Les ressources viennent par en dessous, du côté de l’underground justement, c’est-à-dire des paumés, des laissés-pour-compte, drogués, expérimentateurs. Alan Vega, projetant d’égaler Miles Davis à la trompette et fabriquant des sculptures de lumières faite d’objets recyclés… » Alexandre Breton